Transition énergétique: quelle place pour le gaz naturel au Québec?

Le gaz naturel fait partie intégrante d’un nombre croissant de projets d’investissement au Québec. À titre d’exemples :

  • Les conversions de flottes de camions et de navires1,
  • Les projets de conversion dans le secteur industriel (ex.: minier2),
  • La production au niveau municipal (biométhanisation)3,
  • Les nouveaux modes de distribution vers les régions éloignées4,
  • L’utilisation de gaz naturel comme intrant dans les procédés de production5.

Le gaz naturel joue un rôle central dans ces nouveaux projets d’investissement6 et cet engouement est d’autant plus opportun que les autres projets d’investissement industriels se font rares, ou plutôt que leur envergure est réduite par rapport à ceux des années antérieures.

Plus de la moitié de l’investissement industriel

Cette transition vers le gaz naturel s’accompagne en effet d’investissements substantiels. À lui seul, le projet de terminal d’exportation de gaz naturel de GNL Québec compose plus de 50% de la valeur de tous les projets d’investissement industriels annoncés au Québec en 20147. La compétitivité des prix du gaz naturel en Amérique du Nord comparativement aux niveaux en Europe8 semble garante de la viabilité de ce projet9.

Décarbonisation? Pas encore

Moins controversé que le pétrole et particulièrement abondant, le gaz naturel semble actuellement la meilleure solution de compromis, permettant à la fois une certaine réduction des émissions de CO210 et de coût par rapport aux autres sources d’énergie fossile. La baisse marquée des cours du pétrole (sans contrepartie significative du côté du prix du gaz naturel) semble réduire l’intérêt ou tout au moins l’urgence d’une conversion au gaz naturel. Cela dit, le gaz naturel continue malgré tout à offrir un coût de l’énergie (par Btu) nettement avantageux par rapport aux produits pétroliers.

Prix du pétrole et du gaz naturel
Mensuel 2013 à ce jour – $US/million de Btu
Coût du pétrole et du gaz naturel - Mensuel 2013 à ce jour - $US/million de Btu
Source : E&B DATA à partir des données de la Banque Mondiale.

Une percée de l’usage du gaz naturel dans le transport terrestre, notamment dans les véhicules de particuliers est-elle pensable? Après tout, l’utilisation du gaz naturel dans les automobiles est connue depuis plus de 50 ans (ex. : Italie, Nouvelle-Zélande) et d’autres pays sont bien engagés vers une conversion au gaz naturel à grande échelle (ex. : Iran, Pakistan, Argentine, Brésil, Chine, Inde)11.

Certes, la préférence québécoise est à l’électricité et la perspective de la fabrication d’un véhicule électrique québécois fait encore rêver, non sans fondement, puisque l’expertise scientifique du Québec est connue depuis longtemps (ex. : invention du moteur-roue en 1994). Malgré un discours public des plus encourageant (l’initiative la plus récente étant le Plan d’action en électrification des transports 2015-2020 lancé au mois d’octobre), les investisseurs industriels ne se bousculent pas, du moins pas encore.

Pour l’instant, c’est au gaz naturel que carburent nos investisseurs.

 

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[1] Exemples : conversions de flottes de Transport Robert et de la Société des traversiers du Québec.
[2] Exemple : projet de la mine Stornoway.
[3] Avec l’impulsion du Programme de traitement des matières organiques par biométhanisation et compostage du Gouvernement du Québec.
[4] Exemple : le projet de 800 millions $ de la compagnie norvégienne Stolt LNGaz à Bécancour permettra, entre autres, l’approvisionnement en gaz naturel des industries de la Côte-Nord, grâce à une capacité de production de 500 000 tonnes de gaz naturel par an. Source : E&B DATA, CAPEX-en-ligne.
[5] Exemple : le projet d’engrais azoté d’IFFCO à Bécancour annoncé en 2012. Le coût est estimé à 2 milliards $. Source : E&B DATA, CAPEX-en-ligne.
[6] Certains de ces projets bénéficient vraisemblablement de soutien financier public dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques (ex. : budget de 200 millions $ pour améliorer le bilan carbone des entreprises; 38 millions $ pour améliorer l’efficacité du transport maritime, ferroviaire, aérien et hors route; 77 millions $ pour réduire l’empreinte environnementale du transport routier des marchandises).
[7] Le projet de terminal d’exportation de gaz naturel de cette compagnie (détenue par les compagnies américaines Breyer Capital et Freestone International) est évalué à 7 milliards $ et vise exporter jusqu’à 1,6 milliard de pieds cubes de gaz par jour. Source : E&B DATA, CAPEX-en-ligne.
[8] Voir notre bulletin « Gaz naturel et guerre froide : le Canada bien placé ».
[9] Le coût du gaz naturel aux États-Unis est resté en moyenne deux fois moins élevé qu’en Europe depuis le début 2013. Source: Banque Mondiale.
[10] La quantité de CO2/million de Btu émise est de 53 kg pour le gaz naturel, 71 kg pour l’essence et 104 kg pour le charbon (anthracite). Source : US Energy Information Administration.
[11] Source : Natural Gas Vehicle Knowledge Base – NGV Global (anc. International Association for Natural Gas Vehicles – IANGV).

 

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